La valeur travail. Critique et alternative

Lors des Amfis 202, Maud Simonet et Jean-Marie Pillon ont donné une conférence sur le sens à donner à la focalisation des politiques publiques sur la valeur travail. Il s’agissait de proposer des pistes pour comprendre les discours de mise au travail des chômeurs et la promotion quasi-exclusive du travail « productif » prônant une insaisissable « valeur travail ».

Thierry Pillon, sociologue spécialiste de la gestion du chômage, invitait à réfléchir, à partir du traitement du chômage et des chômeur.ses, aux critiques possibles de la mise au travail de ces dernier.es. Nous publions ici une version remaniée de son intervention.

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Avant toute chose, il me semble important de ne pas jeter le bébé de l’émancipation avec l’eau du bain de la critique du travail en régime capitaliste. S’ils peuvent paraître séduisants, les discours sur le refus du travail et l’éloge de la paresse relèvent fréquemment d’un certain dandisme pour ne pas dire d’un esthétisme bourgeois (qui oublient bien souvent qu’à partir du moment où il y a foyer, comme le souligne Maud Simonet, il y a toujours quelqu’un, et le plus souvent quelqu’une, qui travaille). Aussi, l’enjeu d’une critique progressiste de la valeur travail n’est pas tant de s’opposer au travail « productif » mais de parvenir à collectivement débattre de qui a le droit de juger si un travail est productif. De qui a le droit de dire ce qui est utile quand on fait quelque chose ?

Le travail au centre de la vie. Une construction sociale tenace

Pour saisir la place qu’a prise la valeur travail dans la société actuelle, il me semble important de rappeler deux ruptures historiques, le XVIe siècle et les années 1980.

En premier lieu, il est important de rappeler que le discours conservateur selon lequel un homme véritable est un homme qui travaille n’a pas toujours été majoritaire. A l’issue du XVIe siècle, l’ascétisme…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

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