La Vénus électrique / Pierre Salvadori / 2 h 02.
Paris, les années 1920, une fête foraine avec ses bonimenteurs, ses tours de force et ses personnages hors du commun. Suzanne (Anaïs Demoustier) marche d’un pas mécanique vers l’estrade où elle fait son numéro, la Vénus électrique : des hommes paient pour l’embrasser. Au moment du baiser, la jeune femme est comme soudée au « client ». Aucune magie – encore moins un coup de foudre –, mais une décharge électrique envoyée des coulisses. On comprend que la jeune femme fasse grise mine, d’autant qu’elle est outrageusement exploitée par son patron.
Pour la première fois, à l’occasion de son 11e long métrage, Pierre Salvadori réalise un film en costumes. Pas le genre à se laisser écraser par la reconstitution historique : La Vénus électrique, qui ouvre la 79e édition du Festival de Cannes, n’a rien d’empesé et avance au même rythme que ses comédies les plus réussies – Comme elle respire (1998), En liberté ! (2018)… – tout en n’éludant pas les thèmes graves.
Au gré d’un détournement d’identité, Suzanne se retrouve à faire la médium auprès d’un jeune veuf, Antoine (Pio Marmaï), un artiste peintre se noyant dans l’alcool et ayant perdu tout élan vers son art depuis la mort de sa femme, Irène. Il habite une maison bourgeoise, il paie bien Suzanne : pour elle, c’est un mensonge lucratif.
Voici une des premières scènes comiques : un homme (Gilles Lellouche), dont on apprendra qu’il se nomme Armand et qu’il est le marchand d’art et l’ami d’Antoine, aperçoit celui-ci entre deux portes, chez lui, dans une sorte de transe qu’il croit éthylique. Alors qu’il s’apprête à s’éclipser,…
Auteur: Christophe Kantcheff

