Vous lisez l’enquête « La viande cellulaire, une fausse bonne idée pour le climat ». La suite est ici.
Le développement d’une nouvelle technologie repose sur l’ampleur de ses promesses. Celles de la viande cellulaire égrainent les faillites de l’élevage industriel.
« Cette innovation répond à la fois au problème du bien-être animal en évitant la maltraitance et la mort d’animaux. Mais aussi aux enjeux environnementaux, alors que l’élevage est une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre. Et enfin aux enjeux sanitaires car, sans antibiotique, elle ne concourt pas à l’antibiorésistance », liste, méthodique, Nicolas Bureau, cofondateur d’Agriculture cellulaire France, une organisation de promotion de cette technologie.
Des émissions de gaz à effet de serre
Éviter l’abattage est probablement l’argument le plus indéniable. Les entreprises du secteur cherchent à sortir au maximum les animaux du processus industriel. Le sérum fœtal prélevé sur des vaches gestantes qui servait initialement de milieu de culture est aujourd’hui remplacé par un substrat artificiel avec des composés d’origine végétale.
Et certains industriels cherchent même à s’affranchir totalement de la vie animale, explique à Reporterre Gilles Candotti, conseiller de Mosa Meat, une entreprise hollandaise de production de viande cellulaire de bœuf : « Mosa Meat utilise la biopsie qui est bénigne pour les animaux prélevés. Aux États-Unis, des projets travaillent à créer des lignées immortelles grâce au génie génétique, des OGM donc, pour ne plus utiliser d’animaux. »
Concernant les promesses environnementales en revanche, le bilan se complique. Les derniers rapports (2019 et 2022) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) notent que si une première étude en 2011 était très optimiste sur le bilan d’émission de gaz à effet de serre de la viande in vitro, la littérature scientifique est depuis beaucoup plus nuancée. D’autant que l’évaluation repose sur des hypothèses, puisque la production de viande in vitro à l’échelle industrielle n’existe pas. Les experts du climat estiment aujourd’hui que la viande cellulaire ne ferait pas mieux que l’élevage de poulets en termes d’émissions.
En 2020, un récapitulatif publié dans Nature, cité dans le rapport du Giec de 2019, est encore plus critique en montrant qu’en matière d’émissions, la viande cellulaire fait mieux que le bœuf, mais moins bien que le poulet et le porc. Deux scientifiques de l’université d’Oxford estiment même, dans une étude de 2019, que la production de viande cellulaire émet plus que celle de bœuf.
En effet, le bilan désastreux de…
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Auteur: Magali Reinert Reporterre

