La victoire surprise de Geert Wilders aux Pays-Bas, islamophobe revendiqué et souverainiste assumé, est un électrochoc pour les Européens. Un an après la victoire de Giorgia Meloni en Italie, un deuxième pays fondateur de l’Union européenne cède aux sirènes de l’extrême droite. Ceux pour qui ce pays conservait l’image d’un État libéral en sont pour leurs frais. À l’approche des élections européennes de juin 2024, la réussite de Geert Wilders fait craindre la montée en puissance du thème de l’immigration et des attaques contre « les fonctionnaires de Bruxelles », deux puissants leviers pour les partis extrémistes, qui pourraient ainsi renforcer leurs positions au Parlement européen.
Aux Pays-Bas, à l’occasion d’élections législatives qui s’annonçaient très ouvertes, ce mercredi 22 novembre, c’est en effet cette ligne politique qui l’a emporté. Le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders obtient 37 sièges au Parlement néerlandais sur 150. Il fait plus que doubler son nombre d’élus et se hisse au rang de première force politique du pays. Les électeurs n’ont pas reculé devant les propos souvent outranciers du personnage. Ils ont au contraire été séduits par ses promesses de combattre l’immigration. « Il a bénéficié du fait que les libéraux ont dit pouvoir gouverner avec lui, alors qu’ils l’avaient exclu par le passé. De ce fait, il est apparu comme une alternative crédible », explique Hans Vollaard, professeur de sciences politiques à l’université d’Utrecht.
Le parti d’extrême droite arrive devant l’alliance de la gauche et des Verts, conduite par l’ancien commissaire européen Frans Timmermans, deuxième avec 25 sièges. Juste derrière, le Parti populaire (VVD, libéral) remporte 24 sièges et le Nouveau Contrat social (NSC) de Pieter Omtzigt, une nouvelle formation de centre droit, gagne 20 sièges. Viennent ensuite…
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Auteur: Alain Guillemoles

