Le 30 janvier 1933, il y a exactement 90 ans, Hitler parvenait au pouvoir par la voie légale. Nommé chancelier par le président conservateur Hindenburg, il forma un gouvernement composé de membres du parti nazi (NSDAP) et de divers partis de droite. Ayant obtenu le soutien du capital et de la plupart de ses représentants politiques traditionnels, il parvint à asseoir durablement son pouvoir sur la société allemande en écrasant rapidement toute l’opposition ouvrière – communistes, socialistes, syndicalistes, anarchistes.
Ces derniers ne furent pas seulement des victimes du nazisme mais des combattant·es dont la défaite ne fut en rien inéluctable mais eut des conséquences indescriptibles, qu’il s’agisse du génocide des Juifs d’Europe et des Rroms ou plus largement de la Seconde Guerre mondiale. Comprendre comment le mouvement ouvrier le plus imposant et le mieux organisé du monde a pu subir une telle déroute demeure crucial pour quiconque considère que nous n’en avons pas fini avec le fascisme.
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Lorsque débute le 20 novembre 1945 le procès de Nuremberg, au cours duquel les Alliés ont officiellement traduit en justice de hauts responsables nazis, Adolf Hitler, Joseph Goebbels et Heinrich Himmler sont déjà morts depuis longtemps. À leur place siègent certains des nazis les plus éminents qui ont survécu à la guerre : des hommes politiques, des généraux et des dirigeants d’entreprise.
En douze ans à peine, le régime qu’ils représentaient avait déclenché la Seconde Guerre mondiale, un conflit de six ans aux proportions incroyablement destructrices. Il avait facilité la torture et le meurtre de milliers d’opposant·es politiques, d’homosexuel·les et de personnes handicapées, ainsi que le génocide d’une dimension industrielle de plus de six millions de Juifs·ves européen·nes. Quelques mois seulement après la fin de la guerre, certains des personnages les plus odieux du régime, tels que Hermann Göring, Rudolf Hess, Alfred Rosenberg et Albert Speer, devaient être jugés sous les lambris du palais de justice de Nuremberg.
Le premier des treize procès de Nuremberg a duré 218 jours. Au total, 240 témoins ont été appelés à la barre et 300 000 déclarations sous serment ont été recueillies. Le procès-verbal du procès compte plus de 16 000 pages. À son issue, douze accusés ont été condamnés à mort, tandis que de nombreux autres ont été condamnés à de longues peines de prison. Le procès a représenté la première étape de la résolution des hostilités entre…
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