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Poney club #16
Ça donne vraiment envie de cramer des palettes (même s’il fait trop chaud pour ça)Les canicules de mai et de juin (avant les prochaines) nous ont offert un festival de moments politico-médiatiques où le déni l’a disputé à la bêtise. Rappelant ce faisant le film Don’t Look Up, où un scientifique essaie en vain d’alerter sur la chute prochaine d’une comète sur Terre. Ainsi, sur BFMTV, le climatologue Christophe Cassou, un des coauteurs du sixième rapport d’évaluation du GIEC, a dû subir cette remarque d’un éditorialiste fier de lui, à propos des scientifiques : « Vous n’avez pas été très convaincants. » De son côté, alors que le pays suffoquait et que des gens mouraient de chaud au sens propre, Emmanuel Macron du Touquet se fendait de cette sortie trumpiste : « On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire. » Façon de dire qu’il n’y a rien à faire (il ne fait rien depuis 2017, de fait) et qu’il suffit de continuer à foncer dans le mur des rapports scientifiques depuis 40 ans, en klaxonnant de plus en plus fort. Enfin, dans un autre genre, Yann Barthès, présentateur de Quotidien, a cru très irrévérencieux, lui, de se moquer des personnes précaires, qui vivent dans des étuves sous les toits et auraient trop tendance à le rappeler sans cesse. Pour lui, nous serions « tous logés à la même enseigne » face à la chaleur. « Si vous croisez Bernard Arnault, il aura chaud. » Je ne sais pas si les personnes âgées mortes seules dans leur appartement à 47 degrés ou celles sans domicile décédées dans l’indifférence et la rue ont eu le temps de méditer cette belle leçon de vie. Mais Bernard Arnault va pouvoir, lui, en tout cas.
P.-S. :…
Auteur: Guillaume Deleurence

