À quoi servent encore les religieux ? Alors que l’Église catholique en France fait face à une crise des vocations désormais bien enracinée, ne cessant de la contraindre à inventer de nouveaux modes de présence auprès des fidèles, la question, certes un peu provocante, pourrait se poser. À l’heure où se réunit, à Lourdes, la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), La Croix a voulu faire le point sur la présence de ces hommes et de ces femmes dans notre pays. Ainsi, leur nombre pourrait tomber sous la barre des 10 000 en 2045, d’après la Corref. Six fois moins qu’un demi-siècle plus tôt.
Les jeunes qui rentrent aujourd’hui ont souvent soif de radicalité et de marqueurs d’identité forts, comme un habit très visible et une clôture comme refuge. Dans notre monde où tout va toujours plus vite, où les expériences et les lieux que nous fréquentons sont notés dans des applications, et où les individus sont évalués en fonction de leur productivité, le message des religieux et des religieuses est sans doute plus que jamais d’actualité. En témoigne l’explosion des retraites, de la part de ceux, catholiques ou non, qui cherchent à prendre un temps de calme et de recueillement. Ils font cesser quelques jours les notifications, messageries et autres sollicitations en tout genre.
Le calme que cherchent ces retraitants du XXIe siècle derrière les hauts murs des monastères ne serait pas possible sans ceux qui habitent ces lieux. Dans le silence, les religieux et les religieuses sont les témoins qu’une vie intérieure est toujours possible en 2025. Comme le sont aussi, à leur manière, ceux qui ont choisi de donner leur vie à Dieu en étant plus directement au service de leurs prochains, en les servant dans des écoles, des hôpitaux ou encore dans des entreprises. Un trésor à préserver.
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