La violence de l’exigence de victimes parfaites

À rebours de l’idéologie coloniale qui imprègne la grande majorité du personnel politique et médiatique français, Contretemps se rattache à la tradition anticoloniale de la gauche française des années 1960 et 1970, marquée par l’engagement des militants pour l’Algérie indépendante. Dans le cadre du soutien à la lutte du peuple palestinien, nous proposons à nos lecteurs·rices des textes d’information et de réflexion sur la situation actuelle en Palestine. 

Ce texte de Noura Erakat est paru initialement sur le site de Jadaliyya, il a été traduit par la rédaction de Contretemps.

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Le Hamas a lancé une attaque sans précédent contre Israël, visant le régime colonial et d’apartheid qui asservit les Palestinien.ne.s depuis 75 ans. Les réactions occidentales et la couverture médiatique de l’attaque ont mis l’accent sur la faillibilité de l’appareil militaire israélien ainsi que sur les tactiques du Hamas, qui n’a pas fait de distinction entre les cibles militaires et civiles.

Peu d’observateurs occidentaux ont mis en lumière le contexte de violence structurelle d’Israël qui a condamné les Palestinien.ne.s à une mort lente, manquant ainsi une occasion cruciale de faire avancer une solution véritable et durable dans la région.

Deux millions de Palestinien.ne.s de Gaza, une enclave côtière méditerranéenne de 365 kilomètres carrés, sont assiégé.e.s par un blocus naval complet et un siège terrestre imposés par Israël depuis 16 ans. Les Nations unies et les organisations humanitaires ont condamné le blocus comme étant illégal et ont qualifié son impact de « catastrophique ». En 2015, une agence des Nations unies a prédit que Gaza serait « inhabitable » d’ici 2020 en raison du manque d’hygiène, d’accès à l’eau potable et des pénuries alimentaires causées par Israël. Nous sommes aujourd’hui en 2023. Actuellement, plus d’un quart des maladies signalées à Gaza sont…

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Auteur: redaction