« Prononcer le panégyrique de sainte Jeanne d’Arc dans cette cathédrale revient à inscrire ses pas dans ceux de rhéteurs connus et admirés, les évêques de Beauvais ayant eu à cœur, à partir d’une certaine époque, de faire amende honorable au nom de leur trop illustre prédécesseur, Jean Cauchon. L’archevêque de Reims se met humblement du côté des évêques en chemin de repentance, puisque Beauvais relève et relevait déjà à l’époque de notre sainte et héroïne de la province ecclésiastique de Reims et d’autre part, parce que Cauchon était Rémois, en tout cas issu d’une famille de la bonne bourgeoisie rémoise. Il avait fait le choix du roi anglais comme la ville de Reims et les autres villes de Champagne s’y étaient résignées, voulant vivre dans la paix et désespérant de voir le prétendant français l’emporter de manière décisive. Mais toutes ces villes en juillet 1429 avaient su s’ouvrir au cortège royal conduit par cette Jeanne d’Arc qui fascinait le peuple et accueillir celui qui était manifesté si clairement comme le roi légitime de France, notamment par sa clémence.
Pourquoi l’évêque Cauchon s’entêta-t-il… ?
Pourquoi l’évêque Cauchon s’entêta-t-il, non pas seul, mais avec bien d’autres ecclésiastiques, notamment de l’université de Paris, lorsque le succès sembla suffire pour ouvrir les yeux de tous et retourner les cœurs ? Ce secret-là, qui saura le percer, sinon Celui qui juge les cœurs et non les apparences et aux yeux de qui nul ne peut se dissimuler, même si Lui ne veut nous regarder qu’autant que nous le voulons bien ?
Jeanne d’Arc a l’immense mérite, bien utile pour qui doit parler d’elle, de la simplicité. Elle a aussi celui de la documentation. Les historiens qui se sont occupés d’elle ou qui s’en occupent le soulignent volontiers : nous en savons sur elle plus que sur quasiment toutes les personnes de…
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