Joigny (Yonne), reportage
C’est l’histoire d’une ruralité coincée entre un bus qui ne vient jamais et une voiture thermique qui circule beaucoup trop. À Joigny, dans l’Yonne, Ginette tente de se faufiler entre les deux. Ginette est une Renault Zoé électrique d’occasion, propriété de l’association Rosalie, créée fin 2025 pour développer les mobilités douces et partagées dans le Jovinien. Mais surtout, Ginette est une voiture que personne ne possède vraiment et donc, que tout le monde peut utiliser.
Pour Aimée Kalisa, Ginette est même devenue son petit outil de travail. Cette chocolatière en herbe emprunte la voiture partagée trois fois par semaine. « Avoir Ginette m’aide beaucoup : je peux aller voir mes fournisseurs, me rendre sur les marchés à Auxerre ou Sens pour vendre mes chocolats. » Acheter sa propre voiture n’aurait guère de sens : « Elle resterait stationnée la plupart du temps. Et investir seule dans un véhicule professionnel électrique, c’est un très, très gros investissement. »
Avec Ginette, elle paie 1 euro de l’heure et 15 centimes du kilomètre. Ses virées au marché lui coûtent 15 à 20 euros. Autre avantage pour cette toute jeune entreprise : « C’est super d’avoir une voiture qui a très peu d’impact, ça me plaît. »
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Pour avoir accès à ce Graal de mobilité douce, il faut adhérer au service, 30 euros par an, puis télécharger l’application Co-oto. Un calendrier partagé permet alors de réserver la voiture, pour quelques heures ou deux jours maximum. Quand les agendas se télescopent, soudain, la voiture redevient une ressource dont il faut discuter. « La mobilité douce se fait à plusieurs, la voiture est une question commune », résume Thomas Goellner, l’un des initiateurs du projet, passionné de mobilité.
21 centimes le kWh
Avant Ginette, un petit groupe de Joviniens…
Auteur: Laure Noualhat
