Le 8 juillet 2026 au tribunal judiciaire de Paris, les magistrats ayant à charge de juger Ritchy Thibault pour diverses prises de paroles publiques portant « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation » selon le ministre l’intérieur, suspendent soudainement l’audience. Les juges estiment que les 16 témoins prévus par la défense n’auront pas le temps d’être entendus et qu’il faut reporter l’audience. Les avocats s’agacent, Ritchy Thibault prend la parole, exige d’être jugé et que l’on respecte le temps pris par tous ces témoins pour se rendre à l’audience. Il sort son téléphone et diffuse au micro du tribunal le témoignage pré-enregistré d’un témoin incarcéré dont les juges n’ont pas réussi à organiser la visioconférence. Suspension d’audience, donc, les juges s’enfuient au milieu d’un énorme brouhaha. Une cinquantaine de policiers occupent la salle et se tiennent entre le public et leurs sièges laissés vacants. Aurélie Garand s’approche de la barre, saisit le micro et harangue la foule, la police et les juges absents. Cette même justice qui lui refusé un procès pour la mort de son frère sous les balles des gendarmes refuse ce jour-là encore de lui donner la parole. Elle ne partira pas. Dans sa voix comme dans ses mains qui s’accrochent au pupitre, on perçoit toute la force dramatique d’une vie qui résiste, toute la puissance de ce subtil passage de l’humiliation à la dignité. C’est tout cela que raconte « Depuis qu’ils nous ont fait ça » dont une version augmentée vient de paraître aux éditions du bout de la ville et que recense ici Ritchy Thibault.
Pour celles et ceux de nos lectrices et lecteurs qui n’auraient pas connaissance de l’affaire Angelo Garand nous vous renvoyons vers cet article et ce ciné-tract.
Quand la mort des nôtres nous oblige à l’action politique
Personne ne nous donne voix au chapitre en tant que Voyageurs. Si nous voulons la…
Auteur: dev

