Menacés d’expulsion, les militants de Zaclay, nom de la Zad de Saclay, avaient jusqu’au 5 juin pour quitter la parcelle agricole qu’ils occupent, date à laquelle ils auraient pu subir une évacuation musclée de la part des forces de l’ordre ainsi qu’un démantèlement des lieux. Situé dans un champ au bord de la route D36 à Villiers-le-Bâcle, à quelques dizaines de mètres du chantier du métro de la ligne 18 du grand Paris, le camp ne posait pas de problème quant à la poursuite des travaux.
Depuis son installation en mai 2021, les pouvoirs publics se battent pour « invisibiliser la lutte » explique Lucile, membre du Collectif Non à la ligne 18. Pour rappel, le projet de ce nouveau métro reliant l’aéroport d’Orly à Versailles détruira 4 000 hectares d’espaces naturels, dont 2 300 hectares de terres agricoles parmi « les plus fertiles d’Europe » selon Isabelle Goldringer, chercheuse en agroécologie.
Le coût de la nouvelle ligne s’élève à 4,5 milliards d’euros pour seulement 4 400 passagers aux heures de pointe alors que la ligne est conçue pour en accueillir 40 000 selon la DRIEAT d’Ile de France (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports).
Les agriculteurs, qui étaient favorables à la présence de la ZAD dans leurs champs, ont été convoqués plusieurs fois par la gendarmerie et ont subi de longs interrogatoires. La préfecture de l’Essonne exigeait le démantèlement du camp pour dérogation au code de l’urbanisme, les cabanes étant plus imposantes que ce qui est autorisé sur une terre agricole. Les autorités ont menacé les agriculteurs de poursuites au tribunal administratif s’ils continuaient d’accepter la ZAD sur leurs parcelles.
D’un commun accord, les agriculteurs et les militants ont donc décidé de lever le camp. Il y a un an, la préfecture avait déjà fait pression sur le maire de Villiers-le-Bâcle pour…
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Auteur: Florian Grenon

