Ça ne vous rappelle rien ? Il y a un air de déjà-vu dans la contestation du projet d’autoroute A69. Après les premières oppositions résolues mais policées d’élu·es ainsi que d’agricultrices et d’agriculteurs impacté·es par le tracé, on a vu se mobiliser, entre Toulouse et Castres, des troupes plus jeunes et très décidées. Les manifestations récurrentes se gonflent et s’animent, on s’ancre dans les branches de platanes promis à l’abattage, l’installation d’une ZAD est projetée, une poignée de personnes se lance dans une grève de la faim, des collectifs citoyens potassent les études des services de l’État et du concessionnaire Atosca pour les mettre à mal point par point, la lutte, un temps cantonnée à l’échelon local, devient un point de ralliement national.
Sur le même sujet : A69, l’autoroute des mensonges
La mobilisation anti-autoroute, une première en France, marche dans les traces de la lutte anti-« grands projets inutiles et imposés » la plus emblématique de l’époque, celle qui a obtenu l’abandon, le 17 janvier 2018, de l’aéroport prévu à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Ce déjà-vu, c’est aussi l’obstination remarquable des décideurs à camper sur leurs positions et à décliner la même gamme d’arguments qu’à Notre-Dame-des-Landes et dans d’autres situations similaires : les décisions ont été prises dans les règles, enquête d’utilité publique, études d’impact diverses et variées, recours en justice épuisés, etc. Et comme la démocratie, ce n’est pas la voix de la rue, signifient en chœur les politiques et leurs soutiens, de Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, à Clément Beaune, ministre des Transports, « l’autoroute ira à son terme ».
La…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Patrick Piro

