L’A69, enclave industrielle

Dans sa réponse aux collectifs mobilisés contre l’autoroute A69, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, exprime sa divergence sur le fond en invoquant un besoin d’infrastructure pour « désenclaver » les habitants éloignés de la métropole toulousaine, un désenclavement pour « lutter contre la pauvreté, l’isolement et le déclin ». Parler de désenclavement, c’est supposer qu’un territoire rural est par nature une enclave, c’est-à-dire un lieu clos et isolé du reste du territoire. Or, ce n’est pas le cas, puisqu’on peut déjà se rendre aisément à Toulouse, alors de quoi parle Carole Delga implicitement ?


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De l’infrastructure techno-industrielle formée de macroréseaux qui garantissent la circulation des flux de marchandises, induisent des profits et sont la condition de la puissance industrielle du capitalisme. Ces mégaréseaux, ces infrastructures se superposent en strates et s’articulent entre eux. Ce sont les infrastructures autoroutières, énergétiques, numériques. Désenclaver le sud du Tarn, dans l’esprit de Carole Delga et de ceux qu’elle représente, c’est connecter ce territoire rural à la métropole urbaine et, derrière, à la mégamachine industrielle mondiale. Ces dynamiques nous conduisent dans le mur écologique et social, car elles augmentent la vitesse de circulation et la quantité des flux. C’est le fameux effet rebond : élargir une voie autoroutière ne diminue pas les embouteillages, mais augmente les distances parcourues en voiture en éloignant par exemple le lieu de travail du lieu du domicile.

Ces dynamiques nous conduisent dans le mur écologique et social.

Cela s’accompagne d’une augmentation de la consommation…

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Auteur: Mireille Bruyère