Toulouse, reportage
« Vous avez l’opportunité de marquer l’histoire du droit environnemental. » Des applaudissements fournis viennent accompagner la dernière phrase de la réquisition d’Alice Terrasse, avocate des quatorze associations qui portent le recours contre l’autorisation de l’A69.
La salle d’audience du tribunal administratif de Toulouse était une nouvelle fois pleine à craquer, mardi 18 février à 9 heures, à l’occasion d’une audience cruciale visant à annuler, ou non, l’autorisation du chantier de l’autoroute. Le verdict sera rendu le 27 février, sachant que l’ouvrage doit entrer en service à la fin de l’année.
Dehors, plusieurs centaines de personnes s’étaient retrouvées dès 8 heures sur le parvis de la gare Matabiau, à quelques pas du tribunal, derrière une grande banderole : « Stop A69, la justice au pied du mur. » Des prises de parole d’élus et de soutiens de la lutte se sont succédé sous les slogans « No macadam ! ».
La rapporteure publique a contesté les arguments des pro-autoroute
Une fois encore, la rapporteure publique Mona Rousseau — dont les avis guident la juridiction administrative — a recommandé, comme en novembre dernier, l’annulation totale de l’autorisation environnementale. Ce qui signerait l’arrêt des travaux.
Oui, l’autoroute de 53 km entre Toulouse et Castres est « d’intérêt public » — du moins, c’est ce qui a été affirmé par le Conseil d’État — mais la magistrate indépendante a insisté : celui-ci n’est ni « impératif », ni « majeur ». Cela implique donc que le concessionnaire ne peut pas déroger à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées sur le chantier.
La magistrate a contesté méthodiquement les arguments des défenseurs de cette autoroute au lourd coût environnemental. Le désenclavement économique ? Castres, à 1 h 10 par la nationale, dispose d’une liaison…
Auteur: Justin Carrette

