Peut-on faire confiance au label Agriculture biologique (AB) en faisant ses courses ? Les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) viennent de publier le bilan de leurs opérations de contrôle. Le secteur des aliments bio présente « un risque de fraude important, les produits pouvant être commercialisés à des prix plus élevés que ceux issus de l’agriculture conventionnelle », relève l’administration. À l’arrivée, toutefois : davantage d’acteurs négligents que de fraudeurs patentés.
Les inspecteurs de la DGCCRF ont réalisé un peu plus de 11 000 contrôles sur les quatre dernières années, surtout chez des commerçants. Ils ont relevé des anomalies dans 32 % des cas en 2023 et 2024, et 30 % les deux années précédentes.
Les pourcentages, qui peuvent paraître élevés, sont à relativiser : ils regroupent des problèmes de gravité variable, allant de la tromperie délibérée à de simples défauts de lisibilité de l’étiquetage. Surtout, « le taux d’anomalie n’est pas représentatif de l’état du marché », précise l’administration auprès de Reporterre : les contrôles sont ciblés sur les secteurs ou professionnels à risque, par exemple grâce aux alertes reçues.
Une certification au coût parfois trop lourd
L’irrégularité la plus fréquente (la moitié des anomalies) est l’absence de certification. C’est le cas de certains boulangers, précise la DGCCRF : ils ne peuvent se contenter d’acheter de la farine bio à leur fournisseur pour se prévaloir du label auprès de leurs clients, mais doivent eux-mêmes se faire certifier, donc se soumettre à des contrôles réguliers. Les obligations pour les boulangers sont « exigeantes », nous précise l’Agence bio : il s’agit notamment de « s’assurer que la mixité bio/non bio n’est pas l’occasion de tricher : séparation des circuits de…
Auteur: Benjamin Douriez

