LR&LP : Qu’est-ce qu’une symbiose mycorhizienne ?
C’est le fait qu’un champignon du sol soit associé à des racines de plantes en une association qui est vitale pour les deux partenaires. Le champignon est nourri en sucres par la plante et en retour la plante peut tirer de la nourriture du sol via le champignon. Ce dernier rapatrie notamment du phosphate, de l’eau, d’abord pour lui car il en a besoin, mais également pour la plante.
Cette association réciproque se double d’un effet de protection. C’est à dire que, pour le champignon, la santé de la racine est déterminante pour son alimentation ; donc pendant son évolution il a appris plein de mécanismes par lesquels il protège les racines. De même, le champignon est protégé par la plante notamment car ses réserves sont à l’intérieur de la racine ce qui évite qu’elles soient prédatées ou consommées par des animaux du sol.
On est sur un rôle qui est à la fois protecteur et nourricier.
Par exemple, la truffe ne peut que se développer au pied de chênes truffiers ou d’arbres truffiers. 90 % des plantes sont associées à des champignons et ce sont des dizaines de milliers d’espèces qui sont associées aux plantes. Un arbre peut ainsi avoir plusieurs centaines de champignons associés.
Marc-André Selosse Lire aussi : Un défi colossal : la cartographie du réseau souterrain mondial des champignons
LR&LP : Le champignon va-t-il créer un partenariat avec un arbre ou une plante qui est spécifique de son milieu ?
Tout à fait. Ces associations sont très variables selon les endroits (comme quand vous allez en forêt ou en prairie) mais comme elles sont peu spécifiques, il faut plutôt les voir comme des réseaux : des plantes qui relient des champignons différents et des champignons différents qui relient des plantes différentes.
Dans nos équipes, on voit surtout les tricheurs de ces réseaux. On travaille sur des plantes forestières qui n’ont pas…
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Auteur: Liza Tourman

