Elles ont eu un tel succès qu’elles sont déjà en rupture de stock : avec leurs grands yeux mignons et leur design surfant sur l’année du cheval, les figurines de la nouvelle année de Pop Mart, fabricant chinois des célèbres Labubu, ont déjà toutes disparu. Hirono, Labubu, Smiski, Sonny Angel… ces objets sont des art toys, des figurines designées par des artistes à destination des adultes. Elles sont généralement vendues dans des boîtes mystères, avec l’impossibilité de savoir quelle figurine s’y trouve. Une surprise qui pousse certains consommateurs à l’achat compulsif.
« Je collectionnais les Smiski, mais j’ai arrêté parce que c’était presque une addiction : dès que j’en voyais en magasin, je fonçais dessus », témoigne Louan, rencontré en ligne sur un groupe dédié à ces statuettes vertes.
Comme au casino
« Il y a beaucoup de similarités avec les jeux d’argent : dans les deux cas, il y a cet élément de chance et d’incertitude », explique Cary Lee, chercheur australien en marketing, spécialiste de l’étude des comportements des collectionneurs. Cette technique de gains aléatoires, le « renforcement intermittent », est utilisée par les casinos : on ne sait jamais quand et quel montant on va gagner. Le joueur est alors constamment dans l’anticipation et veut retenter sa chance. « On veut en racheter jusqu’à obtenir la figurine qu’on voulait », se rappelle Louan.
Au sein de ces collections se cache souvent une figurine rare « que les gens veulent, parce que l’obtenir permet d’élever son statut social », indique Cary Lee. Il faut multiplier son nombre d’achats pour espérer pouvoir tomber dessus. « Les figurines communes sont nécessaires pour promouvoir une figurine spéciale, mais une fois celle-ci obtenue, que fait-on du reste ? Certains collectionneurs interrogés pour nos recherches admettent les jeter à la poubelle », continue-t-il.
Pour…
Auteur: Akina Pied

