Grenoble (Isère), reportage
De grands ensembles striés de couleurs vives laissent apercevoir les falaises du Vercors. De l’autre côté de ce massif montagneux, des milliers de fenêtres donnent sur le parc Jean Verlhac et ses 20 hectares, construit sur les pistes d’un ancien aéroport : ses collines édifiées avec les remblais des fondations des barres d’immeubles, ses arbres et son grand bassin bétonné poussiéreux en hiver, rempli d’eau en été. Depuis deux ans, ce bassin du quartier populaire de La Villeneuve, au sud de Grenoble, est source de crispations : la Ville aimerait le rendre baignable.
Ce bassin de 40 cm de profondeur a servi de pataugeoire à des générations d’enfants de ce quartier, bien qu’il soit officiellement interdit à la baignade. Pour renouveler l’image de La Villeneuve, qui aurait une trentaine de points de deal, mais aussi pour adapter ce quartier populaire aux canicules, la Ville souhaite transformer tout le parc et faire du bassin un vrai lac, dans lequel les habitants pourraient se baigner 3 ou 4 mois dans l’année.
Le tout, moyennant clôtures, maîtres-nageurs, un bassin creusé pour atteindre 1,60 m au maximum et des entrées limitées, mais gratuites. Le reste de l’année, les barrières seraient enlevées, mais la baignade interdite. Si le projet global rencontre plutôt l’adhésion, l’idée autour du lac est majoritairement rejetée pour les habitants, selon une consultation publique qui vient de s’achever.
Le dernier endroit de rencontre
Ce projet « ne correspond à aucune demande de la population du quartier » assure par exemple un habitant, dont la contribution est citée dans le rapport de l’enquête publique. Sur 418 participations à la concertation, 57 % sont négatives, 29 % neutres et 14 % positives.
« Si la plupart [des contributions] s’accordent à considérer que les enjeux visés sont louables (accès à la fraîcheur, possibilité de se baigner…
Auteur: Martin Delacoux

