C’est un accord de libre-échange contesté depuis 25 ans. Un texte qui prévoit de supprimer 90 % des droits de douane entre l’Europe et plusieurs pays d’Amérique du Sud : l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, ainsi que la Bolivie en tant que membre associé. Il permettra d’importer à coût réduit 99 000 tonnes de viande bovine par an, mais aussi du soja et de l’éthanol tiré de la canne à sucre. Des productions en monoculture qui engendrent toujours plus de déforestation en Amazonie.
Ce texte entend également augmenter les importations de cuivre, de fer et de lithium, ainsi que d’autres métaux stratégiques en provenance de la région.
Un accord néocolonial pour Maxime Combes, économiste, coanimateur du collectif Stop Mercosur et en charge des politiques de commerce et de relocalisation à l’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs.
Reporterre — Ce traité de libre-échange entre en vigueur avant même que le Parlement européen ait pu voter sur le fond. Comment est-ce possible ?
Maxime Combes — Le Conseil a autorisé cette application provisoire en janvier dernier. Lorsque les députés s’en sont émus, estimant que leur avis n’allait pas être pris en compte, la commission européenne leur a répondu en expliquant que cette décision n’était pas pour contourner l’avis du Parlement mais qu’elle était prise au cas où l’un des pays du Mercosur tarderait à ratifier l’accord. C’est donc légal, mais c’est un passage en force démocratique. D’autant que les pays du Mercosur ont finalement ratifié cet accord au cours des deux derniers mois.
Très concrètement qu’est-ce que cela va changer dans nos rayons de supermarchés ?
Ce n’est pas demain matin que nous aurons 99 000 tonnes de bœuf dans nos rayons. Un accord de libre-échange ne s’applique pas de but en blanc et la mise en œuvre des quotas va prendre du temps, dans un calendrier…
Auteur: Laury-Anne Cholez

