L’accord sur les pandémies signé en mai 2025 par les États membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est présenté comme un succès historique du multilatéralisme. Pourtant, il pourrait se révéler délétère pour les autres priorités de santé globale, du fait de la gouvernance technocratique qu’il propose et des coûts financiers élevés qui seraient alloués à des risques pandémiques hypothétiques.
Le 20 mai 2025, l’Assemblée mondiale de la santé a adopté ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié « d’accord historique » concernant la prévention des pandémies.
Célébrant l’accord comme un triomphe du multilatéralisme et une étape vers la sécurité sanitaire mondiale, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS a déclaré :
« Les nations du monde ont écrit l’histoire. »
Les dirigeants mondiaux se sont fait l’écho de ce sentiment.
La revue scientifique de référence Nature a également rejoint le satisfecit, en qualifiant le traité de « triomphe dans un monde déchiré ». La France, qui a coprésidé les négociations, est fière de ce succès.
Un contexte de réduction de l’aide au développement
En France, les responsables ont parlé d’« une victoire majeure pour le multilatéralisme » alors même qu’à l’instar des États-Unis d’Amérique et de l’Union européenne, elle a considérablement réduit son aide au développement dans le secteur de la santé.
La France continue de concentrer son soutien vers des programmes verticaux orientés vers quelques maladies, au détriment d’une approche globale de la santé. Alors que le ton de célébration domine les récits officiels, un examen attentif révèle une image plus complexe.
L’accord sur les pandémies n’est qu’un début
L’idée de cet accord est née à la suite de la pandémie de Covid-19 qui a révélé de profondes fractures dans la gouvernance…
Auteur: Valery Ridde, Directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement (IRD)

