L’urgence climatique n’a pas permis de déjouer les pronostics d’un échec annoncé. La 29e Conférence des parties sur le climat (COP29) à Bakou, en Azerbaïdjan, s’est achevée dans la nuit du samedi 23 novembre, plus de trente heures après la clôture officielle. Si les 197 États partis ont trouvé un accord sur la finance climatique à l’arraché, celui-ci a été accueilli sans joie ni triomphe.
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Le texte — qui prévoit 300 milliards de dollars (288 milliards d’euros) d’aides financières aux pays en développement pour financer leur transition climatique à l’horizon 2035 — a rapidement été contesté par une partie des États du Sud, dans une ambiance électrique. Pour Anabella Rosemberg, experte du Climate Action Network, il s’agit de « la pire » COP à laquelle elle a participé en vingt ans de négociations climatiques.
Reporterre — Les pays développés se sont engagés à verser 300 milliards de dollars annuels aux pays en développement, un montant trois fois plus élevé que lors de la COP15 à Copenhague, en 2009. Pourquoi la somme est largement insuffisante ?
Anabella Rosemberg — 300 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à réaliser leur transition écologique, c’est une somme ridicule. C’est un accord profondément injuste et irrespectueux. Ces États réclamaient au moins 1 000 milliards de dollars [environ 959 milliards d’euros] chaque année.
Le problème, aussi, et que ces 300 milliards ne sont pas de l’argent donné aux pays du Sud. Cette somme inclut des dons, mais aussi des prêts mobilisés par les banques multilatérales de développement et le secteur privé. Or ces prêts devront être remboursés par les pays en développement. Tout cela est très flou, on ne sait pas quelle part sera consacrée à des dons et quelle part sera dirigée vers des prêts. L’autre risque est que l’aide…
Auteur: Jeanne Cassard

