Samedi 17 octobre, à Paris, la manifestation n’avait pas démarrée que les gaz lacrymogènes flottaient déjà sur la place de la République. L’Orchestre du nouveau monde, qui joue lors des manifestations, a été obligé d’interrompre son concert, des palets tombant au milieu des musiciens.
Des témoignages relatent l’utilisation des gaz lacrymogènes sans sommation devant certains lycées et dans des lieux confinés tels que le métro.
Amnesty International dénonce déjà un usage massif et parfois abusif des gaz lacrymogènes depuis le début du mouvement lycéen.
Sur les réseaux sociaux, les conseils pour se protéger et les appels à témoignages sur les effets sur la santé de l’exposition aux gaz lacrymogènes fleurissent.
Ce samedi 24 octobre pourrait de nouveau être marqué par des cortèges nappés de fumées blanches — et fortement irritantes. Alors qu’est-ce que le gaz lacrymogène et quels sont ses effets sur la santé ? Reporterre, qui avait déjà fait un état des lieux des connaissances scientifiques sur ce sujet en 2018 et 2019, vous met à jour.
Qu’est-ce que le gaz lacrymogène ?
Le gaz lacrymogène est classé parmi les armes chimiques. À ce titre, il est interdit dans un cadre militaire par la convention de Genève de 1993. Mais, classé comme « non létal », il peut être utilisé dans un cadre civil.
Selon l’historienne des gaz lacrymogènes Anna Feigenbaum, ils ont été employés pour la première fois par la France pendant la Première Guerre mondiale. Ces progrès de la chimie ne devant pas rester lettre morte une fois la paix revenue, il est promu auprès des gouvernements comme « un moyen inoffensif de préserver l’ordre public », explique-t-elle.
Selon elle, c’est en 1932 qu’il est épandu pour la première fois pour disperser une foule. Il est aussi utilisé dans les empires coloniaux, et ensuite pendant la guerre du Vietnam par les États-Unis pour déloger les …
Auteur: Magali Reinert, Marie Astier
