Cela faisait quarante-deux ans que l’association D’un livre l’autre (Dulla) intervenait au sein du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne en organisant des actions culturelles. Du jour au lendemain, l’administration pénitentiaire a décidé d’interdire son accès à la prison. Un « crime culturel » pour Philippe Pineau, président de Dulla, qui s’indigne de cette décision régressive.
Président d’honneur depuis 2015, et actuel président de l’association D’un livre l’autre (Dulla) (1), je prends la plume pour dénoncer « un scandale » ‒ terme employé par Alain Claeys, ancien maire de Poitiers et ancien président de Grand Poitiers ‒, scandale de l’éviction par l’administration pénitentiaire de l’association qui menait depuis quarante-deux ans une riche activité littéraire auprès des personnes détenues.
Ancien vice-président de l’Association des bibliothécaires de France.
Dulla avait créé et organisé en 1983, au sein de la maison d’arrêt de Poitiers, une médiathèque de façon professionnelle sur un projet du ministère de la Culture. Cette médiathèque prendra le nom de Médiathèque Naguib-Mahfouz avec l’accord du prix Nobel de littérature 1988. Pour bien comprendre la profondeur de ce scandale, il est essentiel de revenir aux temps héroïques. Dulla a « bataillé » pour faire créer un poste entier de bibliothécaire à l’ancienne maison d’arrêt de Poitiers (97 places), l’idée étant qu’il puisse exister au moins un poste entier de bibliothécaire dans chaque prison française, comme existaient des postes d’instituteur.
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