L'aéroport Lyon-Saint-Exupéry va grossir, avec le prétexte des JO d'hiver

Les aéroports multiplient leurs efforts pour stimuler la croissance du trafic aérien, malgré l’urgence de diminuer les vols. Le 16 octobre, la première pierre a été posée par Philippe Tabarot, ministre des Transports, pour une extension du terminal 2 de l’aéroport Lyon Saint-Exupéry. Les travaux à 75 millions d’euros doivent permettre « d’améliorer l’accueil » et d’agrandir le terminal. L’aéroport espère investir cinq fois plus pour augmenter de 7 % le nombre de vol en huit ans.

De nombreux aéroports portent des projets similaires d’extension, en France et en Europe, de Lisbonne à Dublin, en passant par l’aéroport de Heathrow, près de Londres, qui projette la construction d’une troisième piste. Roissy Charles de Gaulle, qui représente déjà la moitié des émissions de CO2 du secteur aérien, compte par exemple s’offrir une énorme cure d’agrandissement qui ferait grimper de 28 % les émissions de CO2, selon l’ONG Transport&Environment (T&E). Le projet est, là encore, soutenu par le gouvernement.

Lyon-Saint-Exupéry justifie le projet d’extension par l’organisation des JO d’hiver

« Chacun de ces aéroports dépassera son budget carbone de deux à trois fois d’ici 2050. L’augmentation du volume de trafic annule tous les avantages liés à des avions plus efficaces et à des carburants plus propres », s’inquiète T&E. Airbus prévoit de son côté un doublement du trafic aérien d’ici à 2045.

Lyon-Saint-Exupéry justifie le projet d’extension par l’organisation des Jeux olympiques d’hiver, dans les Alpes françaises en 2030. Ironie de l’histoire, les trois semaines de compétition sont organisées avec un grand renfort d’arguments écologiques. Lundi 19 octobre, les ministres des Sports et de la Transition écologique organisent une conférence de presse pour adopter une « feuille de route environnement » et présenter des « engagements » censés verdir…

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