LR&LP : Comment est venue l’idée, l’envie, de dédier le travail d’une vie à l’étude des loups ?
Laetitia Becker : Depuis toute petite, on peut dire que j’ai eu un attrait pour la faune sauvage. Il y a eu des déclics, comme le film « Gorilles dans la brume ». Je me voyais déjà en Afrique avec les primates. Mais plus tard, au lycée, j’ai eu davantage d’intérêt plus pour les grands prédateurs et notamment ceux que l’on a en France, dont le loup. Il faut aussi dire qu’on avait des chiens à la maison et il y a des choses très similaires au niveau comportemental.
J’ai voulu faire une prépa-véto, et j’ai raté le concours. Je suis donc allée à l’université, en fac de biologie. Là, j’ai développé un intérêt pour ce qu’on appelle l’éthologie, l’étude du comportement. On a un choix à faire de l’espèce que l’on veut étudier. Il y a quand même beaucoup plus de comportements sociaux chez le loup, qui est un animal social, que chez d’autres espèces. Entre la licence et le master, je cherchais des stages et c’est comme ça que j’ai trouvé de l’éco-volontariat en Russie pour un travail autour des loups mais aussi des ours. Après le Master, j’ai continué avec une thèse, toujours sur ce territoire, en Russie de l’Ouest, proche des frontières européennes.
LR&LP : Votre thèse portait sur le relâcher de jeunes loups, pouvez-vous nous en dire plus ?
Laetitia Becker : J’ai effectivement travaillé sur le relâcher de louveteaux orphelins avec Vladimir Bologov, qui a mis en place un programme de réhabilitation en Russie. À ne pas confondre d’ailleurs avec le terme de réintroduction, dont l’exemple typique est Yellowstone. Là-bas, les loups avaient complètement disparu. On les réintroduit, donc, puisqu’ils étaient déjà présents avant. En Russie, nous ne faisions pas non plus de renforcement de population, mais uniquement du relâcher. C’est un peu comme un centre de soins…
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Auteur: Juliette Boffy

