Le rendez-vous était matinal devant le musée des Beaux-Arts de Rouen ce lundi 1er juin. Mais les soutiens étaient bien présents autour des quatre derniers militants poursuivis en justice après une action contre la centrale à béton Lafarge à Val-de-Reuil (Eure), en décembre 2023. Lors du procès en première instance, ils étaient neuf prévenus : cinq ont été relaxés, quatre condamnés à entre six et dix mois de prison avec sursis pour « dégradations » et « associations de malfaiteurs ». La cour d’appel a deux jours pour faire la lumière sur leur implication dans cette action et répondre aux nombreuses interrogations de la défense sur les méthodes d’enquête hors-norme déployées dans cette affaire.
« C’est un dossier éminemment politique car nous sommes face à un géant de l’industrie du béton qui est aujourd’hui reconnu coupable de financement de groupes terroristes en Syrie. Cette procédure, menée par le fleuron de l’investigation française, est émaillée de nombreuses irrégularités », a déclaré Fayçal Khalaf, l’un des avocats de la défense, quelques minutes avant d’entrer la salle boisée de la cour d’appel de Rouen.
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« Le PDG de Lafarge, Bruno Lafont, est arrivé en taxi à sa garde-à-vue. Nous non… », glisse l’un des militants relaxé en première instance. L’ex-PDG du cimentier Lafarge, et son bras droit ont été condamnés à six et cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à l’audience. Mais ils ont finalement été libérés sous contrôle judiciaire en attente d’un nouveau procès en appel. L’ombre du procès Lafarge pour financement du terrorisme plane sur ce procès…
Auteur: Vanina Delmas

