Alfredo Cospito, anarchiste italien condamné à perpétuité et soumis au régime de haute sécurité 41 bis (isolement total, interdiction d’accéder à des livres, un seul parloir de 10 minutes par mois derrière un hygiaphone, etc.) entame son 124e jour de grève de la faim. Si son cas et sa lutte n’intéressent pas la presse française, ils sont au centre du débat public italien : l’État et la justice vont-ils choisir de laisser mourir le militant plutôt que de renoncer à son régime de détention exceptionnel unanimement reconnu comme une forme de torture ? Une audition devant la cour de cassation est attendue le 24 février. Les rassemblements et actions de solidarité se multiplient dans de nombreux pays.
Un rejet lapidaire. Un déplacement vers l’hôpital. Un pays d’avant-gardes politiques – sans société.
Italie : 9 février 2023. Par l’intermédiaire du ministre de la Justice Carlo Nordio, l’exécutif fait savoir qu’Alfredo Cospito restera sous le régime de détention 41 bis. 11 février 2023. En plus de la nourriture, Cospito refuse également de prendre des compléments alimentaires. Au 115e jour de sa grève de la faim, il reçoit l’ordre d’être transféré de la prison de l’Opéra de Milan au service de médecine pénitentiaire de l’hôpital San Paolo.
Depuis octobre 2022 plusieurs acteurs du mouvement politique militant italien tentent de briser le mur du silence institutionnel imposé par l’exécutif, contre la perpétuité et le 41 bis. Manifestations, rassemblements, occupations contre la prison et le régime de haute sécurité ont eu lieu. Sauver la vie de Cospito. Mais qui est derrière nous ? Quel est le mur contre lequel nous faisons pression ? Et qui fait pression à nos côtés ?
L’histoire d’Alfredo Cospito a déjà été racontée dans les colonnes de lundimatin. C’est l’histoire d’un anarchiste condamné pour avoir tiré dans la jambe de Roberto Adinolfi, administrateur d’Ansaldo Nucleare. Cospito est en prison depuis 2013 dans les pavillons de haute sécurité de la prison de Sassari ; à la suite d’une deuxième condamnation reçue pendant sa détention, il a été condamné à la perpétuité incompressible pour massacre aggravé. Pour cela, il a été placé sous le régime dit du 41 bis. Cette deuxième condamnation fait suite à l’accusation d’avoir déposé deux colis piégés devant la caserne des Carabiniers de Fossano, colis qui n’avaient aucune intention de tuer ou de blesser qui que ce soit et qui n’ont de fait tué ou blessé personne….
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Auteur: dev

