UNE AFFAIRE SYMBOLIQUE
Le 23 mars 2019, Geneviève Legay dit qu’elle est descendue manifester pour défendre le droit de manifester. On est face à un recul important des libertés publiques en France, le droit de manifester est maintenant systématiquement remis en cause.
Dans cette affaire, à peu près tout est symbolique de cela :
- Il a été reproché à Geneviève Legay de participer à une manifestation interdite. Or, la Cour administrative d’appel de Marseille a fini par reconnaître en 2022 que cette manifestation du 23 mars 2019 n’aurait pas dû être interdite. Il n’y avait aucune raison de l’interdire parce que toutes les manifestations précédentes à Nice avaient été pacifiques ;
- les manifestants arrivent sur la place et ils sont immédiatement nassés, donc on les empêche de manifester ;
- cette charge n’a aucune raison d’avoir lieu, car comme l’a dit le capitaine de gendarmerie, qui a refusé les ordres illégaux de M. Souchi, il n’y avait aucune raison de mener cette charge, qui était disproportionnée étant donné que la foule était calme ;
- la victime est accusée d’être coupable : je suis encore choqué de voir le maire de Nice M. Estrosi, le procureur M. Prêtre et M. Macron reprocher à Mme Legay d’avoir participé à cette manifestation, en disant que c’était de sa faute. M. Estrosi a même dit qu’il faudrait ouvrir une deuxième enquête pour savoir pourquoi les manifestants sont venus ce jour-là ! On renverse la charge de la preuve.
- je suis également choqué de voir que dans cette affaire, comme dans beaucoup d’affaires de violences policières, l’institution fait bloc pour défendre M. Souchi et les policiers, pour dire qu’il n’y a pas eu de violences policières. J’ai eu la naïveté de croire les déclarations de M. Estrosi le soir-même de la manifestation, lorsqu’il a dit que Mme Legay a trébuché, et tous vont faire bloc pour protéger M. Souchi et pour protéger…
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Auteur: Raphael Pradeau

