« L’Affaire Jeanne d’Arc » : un docufiction sur l’enquête menée par l’Église

« Jeanne d’Arc. Vous pensez bien connaître cette histoire et pourtant elle n’a pas livré tous ses secrets », annonce d’entrée de jeu le narrateur en voix off. Vingt-quatre ans après que Jeanne a été livrée aux Anglais, jugée et condamnée au bûcher, l’Église décide d’enquêter. Sous la direction de l’inquisiteur Jean Bréhal, une centaine de personnes qui l’ont connue sont interrogées. Le film reconstitue la trame de la vie d’une jeune fille exceptionnelle, de son enfance à Domrémy jusqu’à sa fin tragique à Rouen en 1431.

Ce docufiction, mené comme une enquête policière, tient le spectateur en haleine, malgré un graphisme qui laisse parfois à désirer. Les rebondissements, les batailles, les complots offrent une matière idéale pour un film à grand spectacle, laissant craindre que la fiction ne l’emporte sur le documentaire. Mais la recherche historique est assez fouillée et les enjeux politiques autant que religieux de l’histoire de Jeanne sont bien mis en lumière.

L’intensité de sa foi, son courage et sa détermination

S’appuyant largement sur les minutes du procès, l’enquête des deux dominicains montre l’intensité de la foi de Jeanne, son courage et sa détermination. Certaines erreurs de jugement, aussi, quand elle décide de poursuivre la lutte alors que Charles VII, sans l’en avertir, signe une trêve avec l’ennemi. Le film, cependant, laisse à la jeune fille sa part de mystère, sans prétendre lever le voile sur les ressorts psychologiques de cette vie extraordinaire.

La dernière demi-heure consacrée au procès révèle les contradictions, les ruses et les fautes de procédure de ses juges, qui la mèneront à la condamnation à mort pour sorcellerie et hérésie. En réalité, comme le note l’inquisiteur, « il s’agit d’abord pour les Anglais de salir Charles VII. Si Jeanne est condamnée, tout ce qu’il aura accompli sera frappé du sceau de l’infamie »….

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Auteur: Christel Juquois