L’affaire Thomas Legrand et le mythe de la neutralité journalistique

J’ai participé cette semaine à une émission de débat télévisé, comme il s’en produit tant dans le paysage audiovisuel français. Ce genre de format où, dès l’arrivée sur le plateau, les rôles sont distribués : d’un côté, les représentants de « la raison », de « l’équilibre », de « l’analyse factuelle » ; de l’autre, ceux qu’on présente comme engagés, biaisés, partisans. Devinez de quel côté je suis placé. Très vite, l’un des journalistes en plateau m’a rappelé qu’il « s’appuyait sur des faits »,  qu’il était « un vrai journaliste ».


Sur le même sujet : L’affaire Thomas Legrand (site 20 minutes)



À savoir : La radio France Inter a écarté de l’antenne vendredi 5 septembre soir Thomas Legrand, après la diffusion d’une vidéo tournée en juillet. On y voit le journaliste dire que lui et Patrick Cohen font « ce qu’il faut pour » la ministre Rachida Dati.

Traduction implicite : moi, je ne le serais pas vraiment. Je serais, au mieux, un chroniqueur militant, au pire, un activiste déguisé en professionnel de l’information. Et pourtant, cette posture de neutralité revendiquée masque mal une réalité : cette personne, comme tant d’autres dans l’espace médiatique français, dispose elle-aussi d’un parti pris éditorial. Elle l’ignore ou fait semblant de l’ignorer. Moi, je l’assume. Je ne trompe personne. Je ne cache pas mes convictions derrière une prétendue objectivité. Et c’est précisément cela, aujourd’hui, qui fait débat.

L’objectivité journalistique : une chimère confortable

Le journalisme objectif, au sens absolu, n’existe pas. Il n’a…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pierre Jacquemain

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