Tous avec Trump. Le retournement de veste tout à fait spectaculaire de la Silicon Valley est un événement majeur de la politique américaine contemporaine. Traditionnellement proches du Parti démocrate, les milliardaires du numérique se sont retrouvés derrière Donald Trump lors de son investiture à la présidence des États-Unis en 2025, et constituent depuis un des piliers du bloc au pouvoir à Washington.
Dans cet article, Benjamin Bürbaumer, auteur du livre Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation (La Découverte, 2024), analyse ce ralliement sous l’angle de la confrontation entre les États-Unis et la Chine pour le contrôle du numérique.
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Cette évolution conduit directement vers les contradictions du capitalisme mondial. Certes, le ralliement de la Silicon Valley à Trump a également des racines domestiques : avec Lina Khan à la tête de l’autorité de la concurrence, l’administration Biden avait tenté de freiner la monopolisation du numérique[1]. En complément, un danger d’une toute autre taille guette la Silicon Valley depuis l’autre rive de l’Océan pacifique. Au cours des 20 dernières années, la Chine a connu un essor technologique spectaculaire. Aujourd’hui, les géants du numérique chinois concurrencent sérieusement leurs adversaires américains.
Difficile de surestimer l’enjeu : en effet, ce dernier va au-delà même d’une bataille dans laquelle les multinationales de chaque côté du Pacifique tentent de gagner des parts de marché ; en réalité, la bataille porte sur le contrôle du marché mondial en tant que tel. Pour s’en rendre compte, il faut procéder à une analyse du capitalisme mondial contemporain. Un tel examen permet de comprendre la radicalisation de la Silicon Valley, qui soutient ainsi une politique américaine de plus en plus agressive, dont les effets n’épargnent aucun autre pays au monde – il suffit de penser à la politique douanière du…
Auteur: redaction

