L’Afrique a du mal à relever le défi de retenir les professionnels de santé dont elle a besoin.
L’Organisation mondiale de la santé estime à 11 millions le déficit mondial en professionnels de santé d’ici 2030. L’Afrique doit faire face à une pénurie comprise entre cinq et six millions de professionnels. Ce déficit est calculé en fonction de la charge de morbidité et des besoins de santé de la population. Il s’agit de la taille et de la structure de la population, ainsi que de la prévalence des maladies et des facteurs de risque. Il tient aussi compte du type et de la fréquence des interventions sanitaires prévues ou nécessaires pour traiter les maladies, affections et facteurs de risque identifiés.
Cette pénurie est très inégale. Bon nombre des 83 pays qui se situent déjà en dessous du seuil minimum recommandé en matière de main-d’œuvre se trouvent en Afrique. En 2022, seuls quatre pays (Seychelles, Namibie, Maurice et Afrique du Sud) dépassaient le ratio recommandé de 4,45 médecins, infirmiers et sages-femmes pour 1 000 habitants.
Madagascar, le Malawi, le Togo, le Bénin, le Soudan du Sud, le Tchad, la République centrafricaine et le Niger ont déclaré moins de 0,5 médecin, infirmier et sage-femme pour 1 000 habitants en 2018. Dans de nombreux pays africains, il est difficile de fournir des services de base, de réduire les décès évitables et de parvenir à une couverture sanitaire universelle.
En revanche, l’Europe fait état d’un ratio compris entre 5,43 et 20,0 médecins, infirmiers et sages-femmes pour 1 000 habitants.
Dans le même temps, les pays plus riches tels que le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et l’Australie dépendent de plus en plus de personnel formé à l’étranger. En 2023, près de la moitié des nouveaux médecins rejoignant le marché du travail britannique avaient été formés à l’étranger.
Ce phénomène est souvent qualifié de « fuite des cerveaux », qui s’explique par des…
Auteur: Danica Sims, Senior lecturer in Medical Education, University of Oxford

