Lagopède et grand tétras : le long chemin pour qu’une espèce soit protégée en France

C’est une décision qualifiée d’historique par la Ligue de protection des oiseaux. Mardi 8 septembre, le grand tétras et le lagopède alpin (appelé perdrix des neiges) ont été ajoutés à la liste des espèces d’oiseaux protégées en France. C’est la première fois depuis dix-sept ans que de nouvelles espèces ont été introduites sur cette liste.

En France, il n’existe pas une liste unique regroupant l’ensemble des espèces protégées, mais une dizaine d’arrêtés ministériels qui établissent cet inventaire par grandes catégories. Les textes pionniers ont été signés dès 1981 pour protéger les oiseaux et mammifères terrestres. Sont ensuite venus s’ajouter – pour n’en citer que quelques-uns – l’arrêté sur les écrevisses (1983) ou encore celui sur les poissons d’eau douce (1988). Or depuis plus de quarante ans ces arrêtés n’ont que rarement été modifiés par l’État.

La principale révision de ces textes est intervenue dans les années 2000, quand des listes officielles ont été réécrites (celle des mammifères en 2007 et celle des oiseaux en 2009) pour être en accord avec le nouveau code de l’environnement. La grande nouveauté résidait alors dans l’extension de la protection des espèces protégées. Auparavant, les arrêtés de 1981 se contentaient de protéger l’animal en lui-même (interdiction de le tuer ou de le capturer). À partir des années 2000, l’habitat des espèces (sites de reproduction et aires de repos) est également pris en compte.

Cette refonte a également permis de préciser les trois critères – toujours valables – pour qu’une espèce soit protégée en France. Il peut s’agir d’une espèce rare ou unique, revêtant un intérêt scientifique particulier ; d’une espèce ayant un rôle essentiel dans un écosystème ; ou d’une espèce menacée, dont la population s’effondre de manière alarmante. Concernant ce dernier…

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Auteur: Elisa Brinai