On a l’impression d’un replay. Trump regarde, fasciné, entouré de ses proches collaborateurs, les images de l’assaut sur la résidence du président Maduro. Exactement comme l’avait fait Obama, regardant l’assaut en 2011, contre Ben Laden. L’Amérique étatsunienne n’a plus aucune imagination, elle se répète à l’infini. Elle fait du réchauffé, qu’elle présente, chaque fois, comme l’opération du siècle. A en avoir la nausée.
Même spectacle, même récit, même propagande
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Ce sont toujours des opérations sans risques qu’on présente comme des faits d’armes. Contre des pays qui n’ont pas d’aviation digne de ce nom, de systèmes radars efficaces pour voir venir l’ennemi, des pays qui connaissent des situations nationales déjà minées par les tentatives de déstabilisation, par la diabolisation des dirigeants, les sanctions économiques. On s’attaque à plus faible, à une proie déjà anémiée par les privations. Et on déploie pourtant contre elle des moyens énormes pour l’agresser sur mer sur terre, dans les airs. Quel courage !
On revit d’autres cauchemars : la Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, Même spectacle, même présentation, même récit, même propagande. Mêmes méthodes, celle de l’écrasement de l’adversaire, celle de sa personnalisation à l’extrême. Les humiliations faites aux nations rebelles, les souvenirs, les images douloureuses reviennent, indélébiles : Saddam qu’on montre longuement la corde au cou, mais qui reste droit, Kadhafi livré pour être lynché par les siens, le sang coagulé de poussière, mais la tête qu’il arrive à tenir droite, et avant Milosevic livré aussi par les siens. La Rome antique faisait passer ceux qui avaient osé la braver sous les fourches caudines de la honte et de la soumission. Comme l’Empire romain, qu’il admire tant, jusqu’à le singer dans ses…
Auteur: Djamel LABIDI

