L'agrion, gracieuse mais redoutable chasseresse

Reporterre a imaginé un nouveau calendrier révolutionnaire et écologique, pour symboliser un changement d’ère. Noms des mois, noms des jours et éphémérides sont réinventés pour célébrer les écosystèmes et celles et ceux qui les défendent. Le mois d’avril a été rebaptisé agrion, du nom d’un joli insecte que nous sommes allés observer.


Mudaison (Hérault), reportage

Le long du ruisseau, les herbes folles forment un tapis vert ondoyant sous le soleil. Au milieu de cette prairie, une brindille bleu métallique frissonne dans l’air printanier. Appareil photo en main, Eve Le Pommelet s’approche doucement de cette étrange apparition. Clic clac… « C’est bien un agrion ! », sourit la spécialiste. L’insecte prend la pose quelques instants, puis décolle illico presto se camoufler sous les feuilles émeraude.

Un corps fin de 3 centimètres à peine, de gros yeux irisés, quatre ailes transparentes et nervurées. Sauf que contrairement aux apparences, l’agrion de Mercure n’est pas une libellule mais une demoiselle. « Un zygoptère », précise notre guide, qui travaille à protéger les milieux aquatiques au sein du Syndicat mixte du bassin de l’Or. À l’inverse de leurs cousines libellules qui se reposent toutes ailes dehors, les Zygoptera gardent leurs hélices fermées au repos.

Selon le Bescherelle, la dénomination de demoiselle viendrait « des formes sveltes et élégantes de ces insectes, qui ont le corps allongé et orné de couleurs agréablement distribuées, et à cause de leurs ailes de gaze ». Ces bestioles volantes n’ont pourtant rien de délicat ! « Libellules et demoiselles appartiennent à l’ordre des odonates, qui signifie “pourvu de dents” », rappelle Eve Le Pommelet. Leur nom anglais – « dragonfly » – est à ce propos plus explicite.

Les odonates sont en effet des chasseurs hors pair. Munies d’une sorte de pince propulsable, leurs larves sont la terreur des cours d’eau…

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Auteur: Lorène Lavocat