Après trente années sans exécution, l’Algérie est sur le point d’étendre la peine de mort. Jeudi 1er octobre, les députés ont voté pour l’élargir aux auteurs de feux de forêt, aux ravisseurs d’enfants et aux auteurs de sévices à leur encontre. Cette mesure, défendue par le président Abdelmadjid Tebboune, intervient après les gigantesques incendies qui ont brûlé une partie de l’est du pays à la fin du mois d’août.
Alors que le bilan officiel s’est arrêté à douze morts, selon un décompte indépendant, le nombre de victimes dépasse les 200. Déjà en juillet, des incendies dans le nord du pays avaient causé la mort de six personnes.
« Crimes capitaux »
Selon le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, les incendies ont atteint « le niveau du crime organisé » et seraient parfois dus à l’intervention indirecte de « parties étrangères », sans apporter de preuves. Jusque-là, les incendiaires encouraient jusqu’à 20 ans de prison.
Ce projet de loi va considérablement durcir l’arsenal répressif du pays, en érigeant en « crimes capitaux » toute tentative de porter atteinte à la sécurité, à l’ordre public, à l’unité nationale ou à la stabilité économique et environnementale. Cette dernière disposition élargit la notion de crime contre l’État, souvent utilisée pour criminaliser les militants environnementaux.
Si elle est adoptée, cette réforme qui doit être entérinée par le Conseil de la nation, la chambre haute algérienne, serait un immense retour en arrière. Quoique l’Algérie n’ait pas aboli la peine de mort, elle respecte un moratoire et, depuis 1993, les condamnations à mort sont en réalité des peines de réclusion à perpétuité.
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