L’Allemagne et la règle d’or

En août 2023, l’hebdomadaire The Economist titrait : « L’Allemagne est-elle une nouvelle fois l’homme malade de l’Europe ? » Après deux ans de récession, force est de constater que les piliers du modèle allemand sont bien à terre. La production industrielle est au plus mal et est revenue à son niveau de 2005. Hier grosse acheteuse de biens d’équipement et d’automobiles, la Chine est montée en gamme pour devenir un concurrent direct.

La stratégie de redéploiement vers le marché américain est aujourd’hui caduque, compte tenu des droits de douane de Donald Trump, et les choix énergétiques passés combinés à la crise ukrainienne pèsent sur les industries électro-intensives comme la chimie et la métallurgie.

Grâce à son modèle, l’Allemagne a pu tout au long des années 2010 se désendetter et jouer au bon élève des règles budgétaires européennes.

L’Allemagne paye également son sous-investissement chronique (1) dans les infrastructures mais aussi dans le domaine militaire (1,1 % du PIB contre 2 % en France) à l’heure où le retrait de l’allié américain rend désormais insoutenable la faiblesse de ses dépenses en la matière. Enfin, le vieillissement accéléré de sa population tend, alors même qu’elle a un des âges de départ à la retraite les plus élevés, à déséquilibrer les comptes sociaux. 

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2,1 % de son PIB par an contre 3,7 % en Europe depuis 2000.

Grâce à son modèle, l’Allemagne a pu tout au long des années 2010 se désendetter et jouer au bon élève des règles budgétaires européennes. Mais l’accumulation de contradictions conduit aujourd’hui à reconsidérer la place des dépenses et de la dette publiques : hausse des dépenses militaires de 18 %, prix subventionné de…

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Auteur: Alban Pellegris

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