Dans un contexte régional ouest-africain chaotique, trois pays dirigés par des juntes militaires ont décidé, le 16 septembre 2023, de créer une l’Alliance des États du Sahel (AES), qui doit aboutir à la mise en place ultérieure d’une confédération.
Il s’agissait de répondre à l’hostilité générale des États voisins (et de la communauté internationale) face à la succession de coups d’État qui avait marqué la sous-région. Ainsi se dessinait sur la carte une nouvelle entité territoriale regroupant à l’intérieur d’une seule frontière le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
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Précédents historiques
Ce redécoupage géographique a remis en mémoire d’autres tentatives plus anciennes. On pense d’abord, avant les décolonisations, au projet de l’OCRS (Organisation commune des Régions sahariennes) qui avait été mis en place par la loi du 10 janvier 1957 sur les parties sahariennes de l’Algérie, du Niger, du Soudan français (actuel Mali) et du Tchad. Il s’agissait de reconnaître la spécificité de ces régions, majoritairement peuplées de nomades irrédentistes, qui avaient appuyé l’initiative du gouvernement français par une pétition datée du 30 octobre 1957 exigeant de ne pas être placés « sous une autorité émanant du Maghreb ou de l’Afrique noire ».

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Cette lettre, signée par plus de 300 notables issus pour la plupart de la région de Tombouctou, avait ensuite été transmise le 30 mai 1958 au général de Gaulle, qui avait validé l’idée de l’OCRS, mais n’avait pas pu la maintenir au-delà des accords d’Évian reconnaissant l’indépendance de l’Algérie. Il est vrai…
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Auteur: Christian Bouquet, Chercheur au LAM (Sciences-Po Bordeaux), professeur émérite de géographie politique, Université Bordeaux Montaigne

