Arles (Bouches-du-Rhône), reportage
Des prairies verdoyantes s’étalent à perte de vue. Seules quelques haies entament l’horizon. Les ombres fumantes des bâtiments industriels de Fos-sur-Mer, situé à une vingtaine de kilomètres plus au sud, sont visibles depuis la ferme de la Cabane Neuve, à Arles.
Dans ce paysage plat où l’élevage plein air sur de très grandes surfaces et la culture du foin sont légion, les brebis mérinos de la famille Juglaret paissent paisiblement. L’exploitation familiale de 120 hectares longe la N568 qui traverse les réserves naturelles des Coussouls de Crau et des marais du Vigueirat.
C’est sur le terreplein de cette 2X2 voies que RTE, gestionnaire public du transport de l’électricité, compte installer des pylônes de 60 mètres de haut pour la construction d’une ligne électrique aérienne à très haute tension (THT). Longue de 65 km, elle doit relier le site industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer à Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard. Le tracé validé par l’État aurait des conséquences sur le parc naturel régional de Camargue, deux zones Natura 2000 ainsi que la réserve de biosphère de Camargue, reconnue par l’Unesco.
« Ce projet est une catastrophe pour le territoire qui vit essentiellement de l’agriculture et du tourisme », abonde Jean-Paul Juglaret, éleveur, qui craint particulièrement les effets du champ magnétique de la ligne sur la santé de ses animaux. « RTE a d’ailleurs été condamné à indemniser un éleveur pour cela dans le Calvados », appuie son fils, Antoine Juglaret, en référence à une décision récente de la cour d’appel de Caen.
« Nous avons mis nos différends de côté »
Autour d’eux ce jour-là, étaient attablés plusieurs membres du collectif Stop THT 13/30, regroupant 31 associations hétéroclites du territoire qui, avant le projet de RTE, ne se parlaient pas, voire étaient en…
Auteur: Estelle Pereira

