Question : Pourriez-vous nous dire, du point de vue de votre expérience – parce que vous étiez en poste à l’époque de la chute du mur, puis vous êtes arrivé sous l’administration Reagan et vous avez négocié une sortie positive de cette crise. Comment se fait-il que nous, les Occidentaux, ayons trahi cet accord, et qu’est-ce que cela signifie pour le monde ?
Jack Matlock : Si vous parlez de l’engagement de ne pas étendre l’OTAN à l’Est, oui, je dirais que mon secrétaire d’État, M. [James] Baker, et le ministre allemand des Affaires étrangères [Hans-Dietrich Genscher], le Premier ministre britannique [John Major] ont tous donné l’assurance à Gorbatchev que s’il approuvait la réunification allemande, il n’y aurait pas d’expansion de l’OTAN.
À un moment donné, le secrétaire d’État Baker a même déclaré qu’en supposant qu’il n’y ait pas d’expansion de l’OTAN, « pas d’un pouce », ne serait-il pas préférable d’avoir une Allemagne unie au sein de l’OTAN ? Gorbatchev a répondu qu’il était évident qu’aucune expansion n’était permise. Mais il a ajouté qu’il pouvait comprendre que nous voulions conserver l’OTAN même avec une Allemagne unie.
Lorsqu’il s’est agi de rédiger les traités, cela n’a pas été inclus dans les traités formels. Il s’agissait, je dirais, de promesses diplomatiques. Je dirais que cette promesse a été faite sur la base d’une déclaration préalable du premier président [George Herbert Walker] Bush (père), qui avait convenu, lors de sa rencontre avec Gorbatchev à Malte, que si l’Union soviétique s’engageait à ne pas utiliser la force en Europe de l’Est pour empêcher le changement politique – c’est-à-dire la démocratisation – et que le président Bush s’engageait à ce que nous ne tirions pas parti de la démocratisation, il n’y aurait pas de changement politique. Le contexte était donc assez clair : Gorbatchev pensait avoir…
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Auteur: Christine BIERRE

