L’Amour ouf, Gilles Lellouche, 2h46
Gilles Lellouche a dans les yeux de l’enfant qu’il est resté des rêves de cinéma américain. Pour un réalisateur français, c’est original. Qui, en dehors de lui, pourrait nourrir une telle inclination ? Celle-ci ne va pas vers le cinéma indépendant, surreprésenté lors de cette soixante-dix-septième édition (ne serait-ce que dans la compétition, avec les films de Coppola – autofinancé –, Schrader ou Baker) pour cause de pénurie du côté des majors, paralysées l’an dernier par les longues grèves des acteurs et des scénaristes. Non, Lellouche regarde vers la grande flamboyance, la machinerie d’apparat, la légende étoilée. Son rêve est hollywoodien.
L’Amour ouf est donc le film américain que beaucoup désespéraient de voir en l’absence de Tom Cruise et de Leonardo DiCaprio. Sauf qu’il est à Hollywood ce que Dick Rivers était à Chuck Berry.
Soit une grande histoire d’amour commencée dès l’adolescence entre la sage Jackie et le voyou Clotaire (père violent, se sentant méprisé par le monde…, tout le toutim psychologique pour expliquer bien bien). Ces deux-là s’aiment dans les années 1980. Clotaire commence sa carrière de délinquant en s’attaquant aux parcmètres et déclare sa flamme à sa dulcinée en lui enregistrant des cassettes audio. Irruption d’une séquence musicale et chorégraphiée parce que les cœurs dansent. Sur « A Forest », de Cure, les jeunes comédiens Mallory Wanecque et Malik Frikah, qui ne sont pas en cause, s’agitent.
Clotaire est recruté dans la bande d’un caïd de la drogue, interprété par Benoît Poelvoorde qui s’est fait la voix de Brando dans Le Parrain. Alain Chabat, en père veuf de Jackie, porte une choucroute noire sur la tête pour faire plus…
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Auteur: Christophe Kantcheff

