Le texte rappelle que la perspective révolutionnaire est au coeur de l’anarchisme. Pourtant, « aujourd’hui plus qu’hier encore, il y a des trompettes qui de tous les coins nous parlent du caractère impraticable de la lutte révolutionnaire, du fait qu’elle est hors du temps et hors limite de temps. On nous dit que nous devrions nous adapter. Et le faire impliquerait entre autres d’adopter, définitivement, cette logique de l’action pour l’action ».
Il n’y aurait plus qu’à agir sans but, de manière atomisée et sans « aspirer à l’appel de l’utopie » ; il n’y aurait plus qu’à répondre au besoin intime de cohérence, ou à la sensibilisation, éventuellement par le geste, sans se jeter dans la lutte révolutionnaire avec méthode et stratégie.
Cela peut même aller jusqu’à la reddition face au pouvoir, en s’adaptant au rabais, adaptation « qui au fur et à mesure, en l’espace de quelques décennies drapées d’une atmosphère de fin de l’histoire, a conduit en fin de compte au retrait d’une partie du mouvement vers ces thèses libérales indéfendables pour tout anarchiste et à repousser fermement car elles provoquent un désistentialisme totalement inoffensif pour le pouvoir » [désistentialisme, jeu de mot en italien entre renoncement/résignation et existentialisme].
C’est ainsi qu’une partie du mouvement anarchiste, décomposé en logiques de milieux, peut se ranger du côté de l’Etat ukrainien contre l’Etat russe, « choix interventionniste qui n’a rien de révolutionnaire et encore moins d’internationaliste », ou de se transformer en extrême-gauche du programme du capital, comme n’importe quel gauchiste.
Brochure complète à télécharger ici : https://distrohaokah.noblogs.org/files/2025/11/L-anarchisme-revolutionnaire-contre-le-renoncement.pdf
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