Lancer des Monsieur/Madame à des inconnu·e·s : une habitude apparemment
anodine mais porteuse de violences systémiques
[TRIGGER WARNING : MUTILATION GENITALES / VIOLENCES LIEES AU GENRE]
La plupart d’entre nous ont grandi avec ça, d’autant plus si on est un peu âgé·e : « Bonjour madame ! » « Je vais aller demander au monsieur » etc.
Dans nos interactions du quotidien, en utilisant « monsieur » ou « madame » à propos d’inconnu·e·s, il y a ce réflexe omniprésent de préjuger du genre et/ou du sexe de la personne en question. Cette habitude, qui pourrait sembler anodine, pose plusieurs problèmes et porte en elle des violences systémiques.
Ce qui est écrit dans les paragraphes suivants peut exactement se calquer sur les dénominations de « fille » et « garçon », souvent utilisées pour les jeunes personnes, ou encore de « femme » ou « homme ». Le mot « mademoiselle » entre aussi dans cette problématique, avec en plus tout ce qu’il a de paternaliste et de sexualisant. L’exemple de Monsieur/Madame a ici été choisi car il se pose aussi en tant que façon d’interpeller quelqu’un·e, et donc semble être utilisé particulièrement souvent.
- « Monsieur/Madame » : une intrusion dans l’intime
Lorsqu’un·e inconnu·e me parle ou me désigne en disant « monsieur » ou « madame », elle préjuge tout de suite de mon anatomie. En se basant sur des critères moins objectifs que ce qu’on peut penser (qui peuvent être la morphologie, la pilosité, le timbre de la voix…) souvent caricaturés dans les imaginaires avec lesquels nous avons grandi, cet·te inconnu·e va se retrouver face à un choix binaire. Iel va se demander :
« Cette personne est-elle à l’image de ce que j’ai intégré comme étant
1) un homme
2) une femme »
Et souvent sans y penser, son choix va aussi lui faire déterminer si entre mes jambes j’ai
1) un pénis et des testicules
2) une vulve et des ovaires
Si…
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