Au lendemain des élections municipales où le PS se déchire sur la stratégie d’alliance à adopter pour la prochaine échéance électorale majeure, le parti à la rose a perdu l’un de ses plus illustres représentants. L’ancien Premier ministre, Lionel Jospin est décédé ce lundi 23 mars, à l’âge de 88 ans.
Formé dans les milieux trotskistes et notamment à l’Organisation communiste internationaliste (OCI), tout comme un certain Jean-Luc Mélenchon, la place de Lionel Jospin dans la mémoire de la gauche est paradoxale. Le 21 avril 2002, il est devenu l’homme du traumatisme d’une date désormais synonyme de défaite cuisante. Mais si l’on se détache un peu de l’illusion biographique que produit la connaissance de la fin de l’histoire avant son déroulement, il a aussi incarné une époque où le Parti socialiste était le point d’ancrage d’une gauche dite « plurielle », qui a réussi à arracher le dernier rééquilibrage notable dans le partage de la valeur entre capital et travail : les 35 heures. Intercalé entre les mandats de François Mitterrand et de François Hollande, mais sans jamais être élu Président malgré deux candidatures, il a dirigé pendant cinq ans, selon ses propres mots, « le gouvernement le plus à gauche d’Europe », et ainsi fait rentrer la période 1997-2002 au panthéon des expériences de gouvernement de la gauche française.
Sa dernière prise de position, il y a deux semaines, était pour…
Auteur: Rédaction Public Sénat

