Mr Mondialisation donne la parole à une lectrice qui souhaite partager son expérience au sein d’un espace d’entraide dédié à la réduction des risques liés aux drogues. Un témoignage sensible qui invite à interroger le fonctionnement de ces lieux souvent essentiels pour les personnes concernées, mais rarement questionnés. Alors que la question des espaces d’entraides, du soin politique et des violences et harcèlements sexistes et sexuelles (VHSS) ont déjà été abordées dans ce média, cette tribune complète à bien des égards ces sujets tous liés.
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Les espaces de réduction des risques sont indispensables. Mais parce qu’ils accueillent des personnes particulièrement vulnérables, ils doivent aussi accepter d’être interrogés. À travers mon expérience sur la plateforme Psychoactif, je souhaite ouvrir un débat plus large sur les responsabilités éthiques des communautés d’entraide.
Des lieux où l’on espère enfin pouvoir parler
Lorsqu’on est dépendant·e à une substance, on apprend vite à se taire. On apprend à cacher, à minimiser, à mentir parfois. À éviter certains sujets avec sa famille, ses ami·es, ses médecins. Parce que la consommation de drogues reste l’un des sujets les plus stigmatisés de notre société. On peut parler de dépression, d’alcoolisme, de burn-out. Mais parler librement de consommation de drogues reste encore extrêmement tabou.
C’est pour cette raison que les espaces de réduction des risques occupent une place si particulière.
Au-delà d’être des lieux d’information, ils deviennent parfois des lieux de survie. Pour certaines personnes, ce sont les seuls endroits où il est possible de dire :
« Je consomme. Je vais mal. »
sans être immédiatement jugées. Quand j’ai découvert le site Psychoactif, j’ai cru avoir trouvé cet endroit.
Auteur: Mr Mondialisation

