Mon pays a changé et nos repères ne miroitent plus.
C’est par ce constat, empreint d’une profonde gravité sociologique et géopolitique, qu’il faut aborder le malaise algérien contemporain. Quelque chose s’est brisé dans le contrat moral qui unissait autrefois les fils de cette terre aux sacrifices fondateurs de leurs aînés. L’opulence factice de la rente pétrolière et les dérives prolongées de la gouvernance ont altéré les paysages humains, brouillé les repères éthiques et distordu les valeurs de solidarité et d’intégrité qui faisaient le socle même de l’algérianité.
Mais ce malaise ne se nourrit pas uniquement de nos propres failles ; il est aujourd’hui aujourd’hui exacerbé par un environnement international hostile et agressif. L’Algérie fait face à des pressions géopolitiques orchestrées, notamment à travers les doctrines impérialistes portées par Donald Trump et l’agenda d’Israël, dont l’objectif clair est de déstabiliser et de faire agenouiller notre pays en raison de ses positions de principe intangibles. Cette tentative d’asphyxie, à la fois morale, économique et stratégique, crée un sentiment d’exil intérieur. Pourtant, pour comprendre la nature exacte de cette fracture, il faut s’élever au-delà de la déception immédiate. Ce sentiment de crise n’est pas le signe d’un renoncement, mais le prélude d’un sursaut. Car l’Algérie oppose au monde le récit d’une souveraineté qui ne se laisse jamais définitivement dompter.
En sociologie historique, cette résilience farouche répond à une mécanique invisible : de profondes respirations générationnelles d’environ trente ans. C’est le temps biologique et social nécessaire pour qu’une nouvelle vague humaine se lève, libre des peurs, des compromis ou des usures du passé, pour réclamer sa dignité (El-Nif) et réécrire son destin. Dans son œuvre majeure Les Damnés de la Terre, Frantz Fanon théorisait…
Auteur:
