Aux États-Unis, les troubles anxieux touchent environ un tiers de la population. Il n’est donc pas surprenant qu’un grand nombre d’artistes et d’écrivains souffrent également d’anxiété et de dépression.
Mais alors que certains critiques considèrent les peintures saisissantes de Vincent Van Gogh et les poèmes confessionnels de Sylvia Plath comme le résultat direct de leur psychose et de leur dépression, j’ai tendance à être moins romantique à ce sujet. Je considère que leur brillante production s’est produite en dépit de leur angoisse mentale, plutôt qu’à cause d’elle.
Dans mon nouveau livre, Afraid, j’explore l’interaction entre la peur, l’anxiété et le travail créatif.
Elles sont plus étroitement liées qu’on ne le pense : selon la situation, la peur et l’anxiété peuvent inspirer ou entraver. Mais lorsque l’anxiété devient envahissante, le travail créatif est souvent bloqué.
L’anxiété comme obstacle
Si l’anxiété peut entraver le travail créatif, c’est d’abord parce qu’elle détourne l’attention nécessaire vers des peurs et des inquiétudes.
Si un écrivain craint de perdre son emploi, il lui sera plus difficile de se concentrer sur son travail. L’anxiété excessive court-circuite toutes les tâches non liées à la menace, et les gens régressent vers un mode de survie de base. L’essentiel de l’attention, de la réflexion et des émotions sera consacré à la gestion de la source du danger, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Et les esprits créatifs sont particulièrement doués dans ce dernier domaine.
Parce que les peurs sont centrées sur la survie, les gens deviennent moins flexibles et plus méfiants lorsqu’ils sont effrayés et anxieux. Dans ces moments-là, il est beaucoup plus intéressant de suivre un chemin connu que de prendre des risques et de s’aventurer dans l’inconnu. Inutile de préciser qu’une aversion pour l’inconnu ne mène pas souvent…
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Auteur: Arash Javanbakht, Associate Professor of Psychiatry, Wayne State University

