L’appétit insoutenable de nos sociétés en métaux, et comment lui survivre

La mine d’uranium de Rössing, dans le désert du Namib, en Namibie. Ikiwaner, CC BY

Le numérique ne fonctionne pas sans électricité et l’électricité décarbonée dépend du numérique. Comment sortir de ce cercle vicieux, qui exerce une pression intense sur la disponibilité en ressources minérales nécessaires aux deux secteurs ? Nous proposons de dépasser le mantra de l’efficience et d’axer l’innovation sur la sobriété afin d’améliorer la qualité et la durabilité des services numériques fondamentaux sans puiser inutilement dans le réservoir limité des ressources minérales.


Le numérique occupe une place de plus en plus centrale dans notre quotidien. De nombreux services, y compris ceux de l’État, en rendent l’utilisation incontournable. Une multitude de solutions sont mises à disposition des citoyens, qui les adoptent volontiers pour effectuer des démarches à distance, s’informer ou se divertir. Le numérique est ainsi vécu comme un compagnon facilitateur dans un mode de vie rythmé par la quête d’efficacité et l’optimisation du temps.

Cependant, bien que souvent considéré comme immatériel, le numérique a un impact environnemental, tant pour les générations actuelles que futures. Cette réalité, encore mal comprise, s’explique en grande partie par sa consommation énergétique.




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Sans électricité, pas de numérique

La consommation électrique des terminaux (ordinateurs, smartphones, objets connectés…) augmente avec leur nombre, dopé par l’essor des usages du numérique. De son côté, la consommation électrique des réseaux reste stable une fois l’infrastructure en place. Celle des centres de données, enfin, explose, entraînée par les besoins croissants de l’intelligence artificielle (IA), l’un des usages informatiques les plus énergivores de l’Histoire d’après l’Agence Internationale…

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Auteur: Adrien Luxey-Bitri, Maître de conférences en Informatique, Université de Lille