Le « métal du diable » est extrêmement volatil : 105,07 euros l’once le 29 janvier 2026 contre 62,30 euros l’once le 17 février. Mais l’argent, dit l’« or du pauvre », possède un atout clé : il est à la fois un métal précieux et une matière première industrielle indispensable à la transition énergétique.
Assoiffés d’or, les conquistadors espagnols du XVIᵉ siècle rêvaient de l’Eldorado. Ils se trompaient : non seulement ce dernier n’existait pas, mais ce fut essentiellement le métal argent qu’ils trouvèrent. Entre 1550 et 1660, la quantité d’argent introduite en Europe est estimée à 18 000 tonnes pour seulement 2 000 tonnes d’or. La vraie richesse n’était pas l’or mais l’argent.
En ce siècle, l’année 2025 a été marquée par des records historiques du cours de l’or. L’évolution de l’argent a été encore plus spectaculaire : son prix a plus que triplé pour atteindre plus de 100 euros l’once fin janvier 2026.
Depuis, la tendance s’est en partie inversée. Entre fin janvier et début février, l’actif a perdu environ 50 euros de l’once, rappelant aux investisseurs son surnom de « métal du diable », lié à sa forte volatilité historique. Ce repli reflète un ajustement rapide des anticipations macroéconomiques, notamment l’attente d’une inflation maîtrisée et le raffermissement du dollar, à la suite de la nomination du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh.
Cette correction récente ne remet pas en cause les dynamiques de fond qui structurent le marché de l’argent. Si cette hausse remarquable a souvent été interprétée comme le prolongement de celle de l’or,…
Auteur: Yulia Titova, Professeur Associé, IÉSEG School of Management

